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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 22:05

 

 

 

 

 

Les jours d'avant

Film de Karim Moussaoui

Avec Mehdi Ramdani, Souhila Mallem, Mohammed Ghouli, Meriem Medjkrane, Chawki Amari



 

 De prime abord, en mettant en scène des lycéens qui se cherchent, notamment à travers le thème de la rencontre, "Les jours d'avant" dresse les habits éculés du film d'apprentissage. Du déjà vu, donc, qui lui donne des airs de film post Nouvelle Vague, coincé entre Eustache et Pialat. Dans ce moyen métrage, Karim Moussaoui n'a pas beaucoup de temps pour poser sa marque de cinéaste autrement que celle marquée par une cinéphilie évidente.

 Pas beaucoup de temps, mais pourtant, très vite, quelque chose prend, malgré une certaine trivialité du propos, inhérente aux figures qui se dessinent : les copains de lycée qui occupent l'écran ne parlent que de filles, les interpellent, et le centre de l'action converge vers une soirée dansante qui semble être l'évènement immanquable. Une atmosphère s'installe dans "Les jours d'avant" liée à la posture de Djaber qui, à l'opposé de son copain volontaire, semble voué à une certaine vacuité existentielle. Une douce mélancolie pare son attitude, que vient souligner le timbre de la voix off.

A mesure qu'il avance, "Les jours d'avant" devient une histoire de regard : le monde qui se découvre à travers les yeux de Djaber, définit à la fois un rapport à l'intime (la vision de sa voisine Yamina) et une relation violente au monde (en rentrant chez lui, il voit un homme se faire assassiner). Tout autant, la caméra documente littéralement les visages : ceux de Djaber (Medhi Ramdani) et de Yamina (Souhila Mallem), autour desquels s'articulent les deux parties, impriment dans l'esprit du spectateur le sentiment de leur beauté, distillent quelques signes d'inquiétude (sur le rapport à la violence, sur le passage du temps qui va empêcher la rencontre).

 La belle fête dansante, dans sa représentation dédoublée, est envisagée sur deux modes : celle de la simple libération des corps (à travers les facéties de l'ami de Djaber, qui contribue à dérider les autres) et celle de l'irruption d'une peur liée à la censure parentale : le père de Yamina vient la chercher, et la séquence devient un vrai moment de cauchemar conduisant à une scène surréaliste où Yamina et Djaber se retrouvent dans les toilettes.

 Si on peut déceler dans cette division formelle sophistiquée une tendance "auteuriste" (qui évoque le cinéma de Mia Hansen-Love), appuyée par une musique classique surprenante, la réussite du film tient beaucoup à la concentration de quelques personnages dans un cadre intimiste où se révèle le jeu sensible des jeunes comédiens. Une belle surprise, malgré son format court.

 

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Publié par Karminhaka - dans CINEMA (critiques)
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