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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 20:59

 

 

Nadia C.

d'après "La petite communiste qui ne souriait jamais", de Lola Lafon

Adaptation et mise en scène de Chloé Dabert

Avec Suliane Brahim, Anna Cervinka, de la Comédie-Française, et Alexandrine Serre


 

 On craint le pire, au début de Nadia C., quand retentit une pulsation sonore régulière, donnant l'impression d'un mauvais réglage. Cela rend d'autant plus difficile l'accès à la pièce que la voix de Suliane Brahim, basse, timorée, trahit un engagement hésitant. La grosse structure en bois, censée représenter un gymnase, semble bien trop écrasante par rapport au physique frêle des comédiennes.

 

 Pourtant, passée cette entrée en matière, quelque chose prend. C'est sans doute que l'adaptation par Chloé Dabert du roman de Lola Lafon, transmise à travers le jeu des trois comédiennes, réussit à soutenir l'attention en créant une mosaïque d'approches autour d'une seule personne : Nadia Comaneci. La fonction narrative, c'est précisément à Suliane Brahim qu'elle est dévolue. Elle réussit ce rôle, tout en s'immergeant physiquement sur le plateau, tandis qu'Anna Cervinka, plus en retrait assume complètement le rôle de Nadia Comaneci, mais comme pour en figurer la part secrète. Alexandrine Serre, la gymnaste qui exécute quelques figures, en endossant elle aussi les habits de comédienne, figure en quelque sorte le versant physique de Nadia Comaneci.

 

 Pour autant, cette répartition est loin d'être aussi tranchée. Chaque personnage représente au fond comme une face précise de la célèbre gymnaste, prise dans différentes strates. Suliane Brahim se fend ainsi d'un exercice physique en courant autour de la scène, telle une danseuse échappée d'une chorégraphie moderne.

 

 Malgré ses intentions louables, le spectacle échoue quand même à rendre compte de l’histoire de Nadia Comaneci sous ses aspects les plus douloureux. Si le texte renvoie très clairement à son parcours délicat (l'existence d'une star sous la dictature de Ceaucescu, prise sous le joug du fils, ayant fui en traversant la frontière hongroise à pied), le corps des comédiennes reste transparent, dans une zone de confort ne permettant pas de restituer cette trajectoire, autant faite d'accomplissement précoce que de chute prématurée.

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Publié par Karminhaka - dans THEATRE (critiques)
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