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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 21:20

 

 

 

 

En chinoiseries

 

Chorégraphie et danse de I-fang Lin

 

Avec François Marry, musique et chant

 

 

 La démarche pourrait à priori paraître curieuse : reprendre le spectacle d'une chorégraphe émérite de la scène française ("Chinoiseries", de Mathilde Monnier) pour en faire la matière de sa propre création, en gardant quasiment le même titre, "En chinoiseries". Ni détournement post-moderne, ni approche critique distanciatrice, la création de la taïwanaise I-fang Lin repose avant tout sur une réappropriation mettant en jeu la question d'une traversée. Le titre, d'ailleurs, renvoie à la manière dont un corps prend possession d'un lieu.

 

 Longtemps l'une des interprètes phares des chorégraphies de Mathilde Monnier, I-fang Lin a en effet autorité à s'emparer de l'un de ses spectacles pour en proposer une relecture, au centre duquel figure sa trajectoire personnelle, de Taïwan à Paris (l'anecdote veut que I-fang Lin est arrivée en France au début des années 90, époque de la création de "Chinoiseries". L'entrée en matière de "En chinoiseries" pose de prime abord un marquage identitaire spécifique, sous la forme de cette vidéo en fond de salle, où est projetée un concert avec un chanteur reprenant des tubes chinois des années 50. Morceaux repris par les deux compères sur scènes, répétées sur un mode synchronique. Aucune ironie ne transparaît dans ces reprises, simplement une nostalgie des origines, que I-fang Lin se plaît à présenter aux spectateurs avec la complicité de François Marry.

 

 Le musicien, manifestement ouvert à ses passages entre musique et danse, se prête avec aisance à ce partage. Qu'il reprenne des morceaux en chinois où qu'il se lance sur les pas de danse de I-fang Lin, il contribue à revivifier une chorégraphie en l'inscrivant dans un mouvement festif. Une belle complicité règne sur scène entre les deux compères. On aurait pu craindre que la danse s'en ressente, mais I-fang Lin n'oublie pas sa qualité première, et une danse de salon, populaire, cède régulièrement la place à un mode d'expression plus contemporain, où la beauté des mouvements (des bras notamment) est prolongée par des figures élégantes, exécutées en chaussures à talon.

 

 "En chinoiseries" est nimbé de cette musique de François Marry, qui lui donne un ton si particulier, entre les morceaux aux mélodies simples, façon new-wave à la française, et un cortège d'expérimentations sonores lui conférant une dimension très moderne. Ce partage entre les deux artistes, à la légèreté souriante, d'une inventivité renouvelée, rend à ce spectacle toute sa force d'évocation.

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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