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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 16:00

 

 

 DSC04299

                                         Photo G. Jumarie

 

C’est comme ça et me faites pas chier

 

Texte et mise en scène de Rodrigo Garcia

 

  Avec Melchior Derouet, Nuria Lloansi, Daniel Romero Calderón

 

 La dernière pièce de Rodrigo Garcia, présentée au Festival d’automne, commence ainsi : un homme et une femme sont assis sur un fauteuil (voir photo) et commencent doucement à s’embrasser. Du tendre baiser attendu, on passe, sans que rien ne change pourtant, à une sorte de bouche à bouche digne d’un exercice de secourisme. Impression renforcée par l’accompagnement sonore, en forme de reproduction d’une reprise de souffle. On croyait à une entrée en matière souple, mais on vire très vite à la pantalonnade dérisoire. Il est en fait difficile de trouver dans les pièces de Rodrigo Garcia des traces de romantisme.

 

 Pourtant, avec celle-ci, malgré son titre provocateur, pointe l'impression de  se trouver devant une proposition différente de ses mises en scène sulfureuses. Un décor, d’abord : des dizaines de cymbales installées sur la scène, créant un bel effet, ouvrant aussi l’imagination puisque l’on peut se demander d’emblée comment elles vont être exploitées. Ensuite, le fait que le texte proprement dit, soit « incarné » par un comédien, en l’occurrence un jeune homme aveugle. Dans bon nombre de ses dernières mises en scène à Paris, les textes de ses pièces, en espagnol, défilaient dans des gros sur-titres au fond de la salle, tandis que ce qui se déroulait sur scène relevait de la performance, comme souvent chez le dramaturge argentin.

 

 Avec le fait qu’un comédien en chair et un os dise un texte sur scène, on peut s’attendre à ce que le décalage souvent rencontré entre texte et mise en scène soit atténué. Pourtant, cette impression, réelle au départ, ne perdure pas. Car le comédien aveugle (Melchior Derouet), dont le choix peut paraître énigmatique, récite le texte plus qu’il ne l'interprète. Et la scène, par l’intermédiaire de la jeune femme – épaulée par un musicien – devient de plus en plus habitée par des actes précis, si bien qu’on peut perdre le fil de ce monologue à la saveur moins rageuse que d’autres textes de Rodrigo Garcia.

 

 Dans ces actes surgissent de beaux effets, de l'insolite monticule de pelouse sous lequel émergent des doigts allant pianoter sur un piano portatif ; une sorte de panneau transparent sur lequel la comédienne déverse des petits jouets mécaniques. Toutes ces actions sont filmées en direct par une petite caméra déplacée principalement par la comédienne, et retransmises sur un grand écran en fond de scène. La dernière action est sans doute la plus belle : la comédienne, nue, s'allonge sur un tas de sable répandu pour l'occasion, tandis que le musicien troque sa guitare pour un seau et un balai. Il répand de l'eau autour d'elle et la rabat avec le balai vers la jeune femme. Visionné sur l'écran en direct, l'effet de plage est garanti. 

 

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Publié par Karminhaka - dans THEATRE (critiques)
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