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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 10:50

 

 

 

MarinCapauPire350.jpg

                                                                    Photo :   Laurent Philippe

 

Cap au pire

 

Spectacle de Maguy Marin

 

Avec Françoise Leick

 

 

 Sans doute faudrait-il profiter de l'occasion pour mesurer le chemin qui sépare "May B" (1981) de "Cap au pire" (2006). A quelques jours de distance, l'opportunité, rare, d'assister à deux chorégraphies de Maguy Marin, articulées autour de la figure tutélaire de Samuel Beckett, est salvatrice. Entre l'oeuvre désormais mythique reflétant la découverte de l'écrivain irlandais, et celle, extrêmement plus confidentielle, il faut comprendre qu'il n'y a pas en soi de rupture.

 

 Si "May B" tourne encore, c'est bien que le charme de la nouveauté que représentait cette oeuvre opère toujours. La nudité scénique extrême de "Cap au pire", bien qu'elle s'inscrive dans la logique esthétique de Maguy Marin, se colle avec une fidélité étonnante au parcours de l'écrivain. On ne sait plus, à la vision de "Cap au pire", s'il y a un retour à Beckett ou si l'auteur a été l'ombre portée de la création de Maguy Marin.

 

  "Cap au pire", dont la traduction par Edith Fournier en 1991 avait été saluée, est l'un des textes les plus radicaux de Beckett, mais dont le minimalisme reflète l'inexorable désir d'épuration de l'écrivain. Ce texte ne serait qu'un exercice de style admirable en soi, à la portée poétique impressionnante, s'il ne renvoyait pas au rétrécissement spatial à l'oeuvre dans le cheminement de l'univers beckettien.

 

 Dit en voix-off, sur un ton neutre, la diction claire, "blanche", restitue la profondeur de "Cap au pire". Succession de phrases nominales, de rythmes ternaires rendant compte de l'impasse du mouvement, le texte révèle sa litanie implacable, son ressassement inaltérable. Chez Beckett, il est souvent question, face à l'immobilité qui gagne, de conserver, encore et toujours, une pulsion de vie.

 

 Sur scène, dans une pénombre traversée par quelques zones de lumière, la prestation de Françoise Leick se tient au plus près des indications du texte. Avancer, se coucher, se relever, cheminer avec une marionnette représentant un enfant - une tête de mort se logeant dans un repli de vêtement sombre -, cette mise en scène ténébreuse laisse entrevoir des poches de résistance à l'immobilité, comme ces soubresauts qui animent de temps en temps "l'enfant".

 

 "Soubresauts" est d'ailleurs l'un des derniers textes de Beckett, écrit d'abord en anglais, traduit par lui en 1989. Il rend compte, comme "Cap au pire", de cette tension à l'oeuvre dans l'univers de l'écrivain : balancement entre lumière et ténèbres, vie et mort, immobilité et mouvement. En se tenant au plus près d'un texte exigeant, Maguy Marin et Françoise Leick en maintiennent l'essentielle étincelle.

 

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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commentaires

omni tech support guides 17/12/2014 08:20

The previous acts done by the same writer was praised as an exceptional work from the critics all over the world. And of that reason, everyone had a great expectation regarding the later work "Cap the worst", but was nothing better than any ordinary work in that period.

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