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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 15:00

 

 

 

Deep end

 

Film de Jerzy Skolimowski (1970)

 

Avec John Moulder-Brown, Jane Asher, Karl Michaël Vogler

 

  Il y a du Fellini dans "Deep end". Celui de "Fellini-Roma", par exemple, dans la séquence où le jeune homme est convié par une femme à se perdre dans les méandres de sa poitrine opulente. On retrouve ce côté pulsionnel dans "Deep end", où Mike, travaillant dans le bain public, est exposé aux désirs de femmes plus âgées. Ce qui était de prime abord annoncé par la belle Susan se produit effectivement. Pas de surprises. Pas de tortures mentales et psychologiques, lorsqu'on est placé face au désir de l'autre. Est privilégié le rapport direct et immédiat à l'autre.

 

 La force de "Deep end" tient aussi beaucoup à son ancrage esthétique, culturel. Sa dimension pop, post soixante-huitarde, rend compte de l'acuité avec laquelle Skolimowski, en quittant sa Pologne natale, s'imprègne de certaines modes pour les injecter à ses personnages. L'exaltation de la figure féminine renvoie beaucoup à Godard, tout comme l'utilisation des couleurs. Le sang répandu dans le final du film ne renvoie pas seulement à une dimension tragique. Il revêt cet aspect d'aplat pictural, croisement entre un tableau monochrome de Andy Wahrol et le Godard qui dirait dans "Pierrot le fou", par la voix de Jean-Paul Belmondo : "Ce n'est pas du sang, c'est du rouge". 

 

 Avec cette plongée surprenante dans le monde adulte,  Mike l'adolescent est appelé à confronter son corps au champ du féminin, au point d'être littéralement modelé (c'est la fameuse séquence où il est malaxé, étouffé par une cliente du bain). L'aspect joyeusement fétichiste du film (Mike transporte un panneau supposé représenter Susan), loin d'éloigner le jeune homme d'un accomplissement du désir, ne fait qu'exacerber son attirance pour Susan. Cela donne lieu à un burlesque échevelé, comme dans la séquence du cinéma.

 

 La référence à la pornographie (séquence loufoque du cinéma) dit bien, dans "Deep end", à quel point la relation au corps se fait direct, sans fioritures. Elle en rend d'autant plus tragique la pureté du désir de Mike, son romantisme  idéaliste qui finit par se laisser déborder par ses émois amoureux.

  

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Publié par Karminhaka - dans CINEMA (critiques)
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