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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 15:00

 

 

  IMG 2380

                                                Photo : G. Jumarie

 

 

Ensemble Anmitsu, Tsugaru shamisen

 

Avec Yuka Annaka et Kumi Kindaichi 

 

 

On ne pourra pas dire, en France, que le shamisen est un instrument inconnu. Certains ont pu apercevoir ce luth au détour d'un plan d'un film de Mizoguchi, dans les mains d'un mendiant (La vie d'O haru, femme galante). Vu assez récemment au musée Guimet, avec Fumie Hihara, il est à nouveau représenté dans la même salle, dans un style particulier, le Tsugaru shamisen, du nom d'une région de l'île de Honshu. Ses deux représentantes, aussi virtuoses l'une et l'autre qu'elles sont différentes physiquement, livrent une prestation enthousiasmée et enthousiasmante.

 

 D'un côté, Yuka Annaka, de petite taille, lorsqu'elle est assise, prend des airs d'adolescente paraissant tenir un instrument trop grand pour elle. Durant la quasi -totalité du concert, son visage se pare d'un sourire angélique, comme si elle décrochait de la réalité pour basculer dans une autre sphère. Kumi Kindaichi, plus grande et plus robuste, le visage un peu rond, à côté de sa technique irréprochable, est aussi chanteuse et son duo avec sa partenaire, à mesure que le concert avance, prend un tour déluré.

 

 C'est que, bien que les deux artistes jouent des morceaux traditionnels, leur répertoire s'avère beaucoup plus large, des pièces qu'elles ont composées s'insèrent parfaitement dans le développement musical. On y entend aussi des adaptations modernes de styles traditionnels spécifiques. L'unité du concert est principalement lié à la verve interprétative des deux jeunes femmes, doublée d'une expansivité débordante, les amenant à inviter le public à se manifester. Rien de racoleur là-dedans : les morceaux s'accompagnent d'une scansion rythmique favorisant cet échange. On n'oubliera pas un troisième larron, vêtu en kimono, au départ présentant les morceaux, puis venant se joindre aux femmes pour chanter et jouer du shamisen.

 

 Ainsi il apparaît que le shamisen, cet instrument originaire de Chine, a encore de beaux jours devant lui, si l'on tient compte de l'énergie que lui insuffle les jeunes musiciennes. A l'opposé de ce qui se passe dans la musique indienne - où des instruments exogènes ont été adoptés pour interpréter la tradition classique -, les interprètes du shamisen conservent une technique de jeu multi-centenaire en vue d'aborder un répertoire de plus en plus large, dépassant le cadre strictement confidentiel. Un bémol toutefois, dans ce concert : des micros rendant le son trop fort, à fragiliser les tympans.

   

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