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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 14:49

 

 

 

 

 

                          Jayanthi Kumaresh, veena

 

 

 

Jugalbandi : musique d’Inde du Nord et du Sud

 

Jayanthi Kumaresh, veena ;  Purbayan Chatterjee, sitar

 

 

 On a déjà eu l’occasion de les voir séparément au Théâtre de la Ville et aux Abbesses. La virtuosité de Purbayan Chatterjee au sitar, si elle n’avait en soi rien d’étonnant pour un joueur émérite de sitar, était alliée à sa jeunesse (il est né en 1976). La promesse d’un retour certain en ces lieux. Chose faite avec ce concert du 10 mars 2012 place du Châtelet, en compagnie de Jayanthi Kumaresh, joueuse de veena, aînée de Chatterjee de sept ans.

 

 S’il y a la certitude d’être placés devant de grands musiciens, le style musical auquel ils s’adonnent, proprement indien, laisse pointer des surprises, des réappropriations. Le jugalbandi, qui met en présence des musiciens pratiquant des instruments différents, installe une atmosphère digne d’un suspens cinématographique. On se pose souvent la question : comment vont-ils surmonter leurs différences, leurs modes musicaux respectifs, pour atteindre à cet alliage harmonieux qui rend ces concerts passionnants. On a beau savoir que, même dans la musique indienne, l’improvisation – qui en est un motif essentiel – ne s’offre pas sans un travail acharné, le dialogue qui s’installe sur scène apporte des frémissements liés aux origines des deux musiciens : l’un vient du Nord (musique hindoustanie), l’autre du Sud (musique carnatique).

 

 Cela suffit à créer un climat singulier, renforcé par la vision de ces instruments si particuliers. Dès l’abord du concert, la singularité instrumentale est d’abord sonore : si le sitar, familier en Occident grâce à Ravi Shankar, sous les doigts de Purbayan Chatterjee, égrène ses notes chatoyantes, renforcées par les cordes sympathiques, la veena oppose sa sonorité plus grave, sourde – elle est dépourvue de cordes sympathiques. On peut avoir soudain l’impression qu’un instrument ne se révèle jamais autant que dans un dialogue immédiat avec un autre.

 

 Instrument plus ancien, la veena, à l’opposé du sitar est nettement plus rare sur les scènes parisiennes. Jayanthi Kumaresh qui, derrière sa maîtrise de l’instrument, fait montre d’une intériorité, contraste avec l’attitude de Purbayan Chatterjee, plus extériorisé dans sa prestation, cherchant souvent le regard de sa partenaire, prodigue en sourires. Comme un feu follet avide de contact, qui, entre des cascades de notes vertigineuses, cherche à se reposer dans le regard de ses partenaires. Une manière de signifier qu’il ne veut pas se sentir seul dans sa virtuosité débridée. Qu’il reste en quelque sorte au contact. Pas égaré dans la sphère de l’auto-satisfaction.

 

 

 

 

        Purbayan Chatterjee, sitar

 

 

 

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