Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 16:00

 

 

 

La Fin

 

d'après Franz Kafka, Bernard Marie-Koltès, J.M.Coetzee

 

Mise en scène de Krzysztof Warlikowski

 

Avec Stanislawa Celinska, Magdalena Cielecka, Ewa Dalkowska

 

 La fin

                                 Photo : G. Jumarie

 

 

 Ce fut, en ce jeudi 10 Février, la découverte d'un metteur en scène phare de la scène artistique européenne, Krzysztof Warlikowski. Assister à "La Fin", même pour un spectateur aguerri de théâtre, relève d'une troublante gageure. Il faut dire que le spectacle, en polonais surtitré, dure 4 heures, avec un entracte qui arrive seulement au bout de 2h20. Quelques signes préfigurent l'épreuve à laquelle on va être soumis, peu vus dans ce théâtre : des spectateurs tentant de revendre leur billet, une salle loin d'être remplie, alors que le nombre de représentations s'étale sur seulement dix jours. Tout cela n'empêche pas, assis au dernier étage, d'admirer de plus près le plafond d'André Masson,  et de se rassurer en se disant qu'au moins, il n'y aura pas à lever la tête pour lire les surtitres.

 

 "La Fin" est introduite par une belle séquence dansée, exécutée par une femme en collant. Une manière d'entrer en douceur dans la pièce avant de s'atteler à la tâche de lecture des surtitres. Devant cette première approche de l'univers scénique de Warlikowski, on se familiarise très vite avec certaines constances : une présence quasi permanente de la musique, une mise en scène ingénieuse, avec une scénographie mouvante, une utilisation soutenue de la vidéo. Mais malgré l'évidence d'une approche scénique virtuose, quelque chose gêne au point d'empêcher l'adhésion totale. Cela  peut être lié de prime abord au fait de lire à la fois des surtitres et de devoir rester concentré pour capter la pertinence du tissage des textes de trois écrivains. Démarche éprouvée chez le metteur en scène polonais, qui participe du collage, mais nécessitant des efforts supplémentaires pour inscrire ces textes dans une problématique globale : morale, philosophique ou existentielle. Cette distance-là se double, sur la scène, d'un usage particulier de la restitution des voix, faite par des micros accrochés sur la tête des comédiens. L'émission en est rendue très claire, au point de rendre les timbres proches.

 

 Paradoxalement, on ne peut s'empêcher de sentir une distance. Cela tient aussi à l'usage d'une autre sorte de micros, que les comédiens tiennent à la main, comme des conférenciers s'adressant à un public attentif. De plus, la diction des comédiens les oriente vers une "voix blanche", typique d'une certaine forme de théâtre fondée sur la distanciation. On s'habitue également très vite à l'usage des écrans vidéo, dont les images sont restituées en direct par un cameraman discrètement placé sur scène, en général derrière un décor transparent. Si ce parti pris crée une sensation d'immédiateté, en la situant du côté du cinéma, elle rend plus difficile l'appréhension du texte, la possibilité de le concevoir comme une suture fluide. L'hétérogénéité finit par régner, au point de faire regretter la séquence dansée inaugurale. Ce n'est pas tant que la chorégraphie atteignait des sommets qu'elle donnait l'impression d'initier une forte présence du corps.

 

Partager cet article

Repost 0
Publié par Karminhaka - dans THEATRE (critiques)
commenter cet article

commentaires

Blog De Karminhaka

  • : Attractions Visuelles
  • : Cinéma, théâtre, voyages, danse contemporaine, musique du monde
  • Contact

Recherche