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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 10:00

 

 

 

 

 

 

 

La Mélancolie des barbares, de Koffi Kwahulé

 

Par le collectif Nose

 

Mise en scène de Camille Marois et Laurent Freschi

 

Avec Elsa Sanchez, Yacine Salhi, Nora Nagid, Mathilde Carreau, Meloee Ballandras, Quentin Roberttucci, Gauthier Boxebeld

 

 

 Une manière d'entrée, presque par devers soi, dans "La Mélancolie des barbares", lors de la première, est de se laisser saisir par le froid qui règne dans la salle du mythique "Théâtre du Soleil". Quelques séquences plus loin, plusieurs scènes de déshabillage ont lieu, avec chacune une tonalité différente : cela va des moments intimes (deux couples, hétéro et homo) en scène de manipulation émotionnelle (lors d'une embauche, une jeune femme est tenue de se déshabiller) jusqu'à celle, plus bouffonne, d'un autre qui baisse son pantalon. A chaque fois, une proximité secrète se tisse avec ces comédiens, car on peut simplement être amenés à se poser cette question : comment font-ils pour ne pas avoir froid, là, maintenant ?

 

 Avant même que la pièce ne commence véritablement, ce sont précisément ces présences physiques de jeunes interprètes qui interpellent, rompus à quelques jeux d'enfant, manière de signifier de prime abord que cet espace ludique qu'ils s'octroient, dans cette genèse de la scène, ils ne le rencontreront plus.

 

 Le texte de Koffi Kwahulé, "La Mélancolie des Barbares", se veut résolument contemporain en abordant des questions d'actualité (le chômage, le voile, les bandes, la diversité ethnique). Mais en passant par le filtre langagier de cet auteur, la pièce trouve une ampleur universaliste, car Kwahulé, qui cherche dans ses pièces une musicalité, n'a pas oublié ses fondamentaux. A force d'injecter un aspect choral dans le texte, celui-ci prend une dimension qui se rapproche de la tragédie. Le début, avec cette voix-off, peut rappeler celle du fantôme du père d'Hamlet. L'aspect tragique est renforcé par un début et une fin où la mère demande si on a vu son fils.

 

La langue de Kwahulé, en mélangeant le trivial et le lyrique, rejoint des rivages textuels plus proches de nous : c'est ainsi que l'on peut penser, à travers certains monologues, à Koltès, notamment une pièce comme "Combat de nègres et de chiens".

 

 C'est le mérite du collectif Nose de s'atteler à l'exigence que requiert "La mélancolie des barbares" avec ses niveaux multiples. La simplicité de la mise en scène permet une fluidité du mouvement, facilitant l'enchaînement des séquences. On y sent une attention aux scénographies contemporaines, articulées autour de la danse (les comédiens reproduisent une scène de "Scarface"). L'engagement de ce jeune collectif laisse ainsi augurer des aventures théâtrales  stimulantes.

 

Prochaines représentations :

 

le 16 NOVEMBRE à 21h00 et le 17 à 17h00
en DÉCEMBRE : le 08 à 17h00 et le 09 à 14h00


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Publié par Karminhaka - dans THEATRE (critiques)
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Camille 10/11/2012 13:14

Bonjour,
Merci pour votre article et d'être venu vendredi soir, nous n'avons pas eu le temps de nous croiser après le spectacle.
Une petite précision cependant: les dates indiquées ne sont pas les bonnes. Nous jouons le 16 novembre à 21h, le 17 à 17h, puis le 8 décembre à 17h et le 9 décembre à 14h.
Bien à vous,
Camille.

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