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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 21:15

 

 

 

Le banquet d'automne

 

Par le Xinxin Nanguan Ensemble

 

 

 Une impression rétrospective tout d'abord, à l'issue du concert au musée Guimet "Le banquet d'automne" : le nanguan, style chinois peu connu, avait été, un temps associé à une figure particulière, la chanteuse Tsai Hsiao-yueh. A la fin des années 80, début 90, l'ehtnomusicologue François Picard animait une émission sur la station France Musique et présentait des "introuvables" de cette interprète, datées de 1967, alors qu'elle n'avait que 25 ans.

 

 On découvrait alors une voix étonnamment nasillarde, avec l'impression de plonger dans une époque immémoriale. Quelque chose de rêche, d'intense, s'adossait à une expressivité tendue, haut-perchée. Le nanguan - alors orthographié Nan-Kouan - chanté par Tsai Hsiao-yueh représentait alors cette résurgence d'un style ancien, d'une technique vocale très particulière, qui part essentiellement du ventre. Certains ethnomusicologues disent que cette technique reposait sur une superstition : il fallait chanter lèvres closes pour éviter que les démons n'entrent par la bouche ouverte.

 Tsai Hsiao-yueh aura eu l'occasion d'enregistrer en France. Son disque aura ainsi contribué à la préservation de ce style unique. Extrait :

  

 

 
 
 Face à cette âpreté fondatrice, Wang Xinxin, chanteuse du groupe Xinxin Nanguan Ensemble, a choisi une approche radicalement différente. Sa voix, aussi diaphane que souple, procède au départ par dilatation des mots. La lenteur évidente favorise une approche intériorisée, à tel point qu'on peut avoir l'impression d'une volonté avérée de manipuler les mots, en étirant les mélodies au maximum. Un chant étal, émis souvent les yeux fermés, loin des sauts vocaux à la limite de la rugosité de Tsai Hsiao-yueh.
 
 Sur la scène du musée Guimet, la scénographie contribue grandement à installer une ambiance méditative, feutrée, sereine : à côté de l'emblématique paravent, des murs à la décoration en relief - comme des livres enfoncés dont on ne verrait que la tranche - invite le regard à de bienfaisants flottements méditatifs.
 
 Les instrumentistes de l'ensemble contribuent également à ce concert en teintes feutrées. On écoute ainsi avec plaisir le guqin, merveilleuse cithare chinoise, instrument très ancien, emblématique des lettrés. Il accompagne harmonieusement Wang Xinxin par ses notes discrètes. Beaucoup doivent découvrir le sanxian, un luth à trois cordes, dont la sonorité un rien grave, enrobe l'atmosphère d'une nappe sonore apaisante. Un banquet d'automne où les mets sonores se goûtent avec délicatesse et suavité.
 
  

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