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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 16:00

 

 

 

 

 

 

Les Absents

 

Spectacle de Satchie Noro

 

 Satchie Noro est une danseuse circassienne. Ce simple mot, beau et énigmatique, renvoyant aux arts du cirque, ne suffit pas à rendre compte en totalité du spectacle "Les Absents". La jeune chorégraphe d'origine japonaise est au carrefour de plusieurs influences. Il faut à peine vingt cinq minutes (durée de la pièce) pour s'en apercevoir. L'expérience en vaut la peine quand, pour se rendre dans une salle minuscule du théâtre Paris Villette, on doit traverser des couloirs, monter des étages, conduits par une jeune fille à la voix volontairement neutre.

 

 La surprise est grande quand, en entrant dans ce qui s'apparente à une simple salle de répétition - en fait le bureau du directeur du théâtre -, le regard des spectateurs restreints est happé par une scène extérieure : une forme attelée à une danse curieuse. Satchie Noro est là, sorte de marionnette sans fil, la tunique bardée de plaquettes en bois, des attelles au bout des bras. Juchée sur le toit du théâtre, elle s'embarque dans une danse particulière, incertaine, allant et venant comme un animal en cage, en fait comme la marionnette qui a perdu son manipulateur. Il n'est pas interdit de voir là-dedans la métaphore d'un corps rompu aux exercices les plus risqués, parvenu à une sorte d'épuisement. Satchie Noro en a d'ailleurs déjà fait les frais en se blessant lors d'une chute, au point de passer quelques temps avec emplâtre et béquilles.

 

 Les spectateurs n'arrivent pas toujours à suivre ce ballet incertain, obligés parfois de se déplacer d'une fenêtre à l'autre pour capter les moindres mouvements. Mais c'est tout l'enjeu et la qualité de ce spectacle que de perturber la vision, en nous obligeant à adopter un regard neuf. Elle finira par rentrer, laissant la fenêtre ouverte, la refermant, à la recherche d'une respiration. C'est l'occasion pour la danseuse de se livrer à une prestation dansée où le corps, libéré de ses entraves, affirme un désir de se frotter au défi de l'apesanteur : grimper sur des cordes amovibles reliées à une lampe ; se tenir en équilibre instable sur une planche. On aura droit à un beau moment où elle tourne sur elle-même dans un mouvement de plus en plus rapide. Recherche d'une ivresse, d'un vertige, associée à un ancrage du corps, qui peut être perçu comme un pied de nez au danger. 

 

Le spectacle reprend les 12 et 13 Mars au théâtre Paris-Villette

 

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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