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21 octobre 2011 5 21 /10 /octobre /2011 16:50

 

 

 

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Les vagues

 

d'après le roman de Virginia Woolf

 

Adaptation et mise en scène de Marie-Christine Soma

 

Avec Anne Baudoux, Valentine Carette, Dominique Reymond, Jean-Damien Barbin

 

 

 

"Les vagues" est l’un des plus beaux textes de Virginia Woolf. Son plus riche, son plus complexe, sans doute. Adapter au théâtre cette succession de monologues intérieurs peut sembler relever d’une gageure. Mais il apparaît que le théâtre est précisément le lieu où peut s’épanouir un texte voué au départ à la lecture.

 

 Marie-Christine Soma, dans une présentation du chef-d’œuvre de Virginia Woolf, opère une modification dans la qualification du texte : ce ne sont plus des "monologues" intérieurs – terme qui a longtemps prévalu pour désigner une catégorie d’écrivains – mais des "soliloques". Coquetterie de sa part ou volonté d’affirmer une prise de position différente, originale, dans son adaptation ?  Les soliloques – terme, il faut le dire, rarement employé -, définissent une catégorie de monologues adressés à soi-même. Cet usage permet sans doute d’entrée de jeu à Marie-Christine Soma de donner une orientation particulière à son adaptation.

 

 On aurait ainsi pu craindre, dès le départ, une adaptation figée de ces monologues-soliloques, tant ce qui est raconté relève de flux de conscience, supposant ainsi une individualisation des caractères et, par là, des postures. Mais très vite, le parti-pris de Marie-Christine Soma, justifié par sa désignation inédite, est de faire circuler : circuler la parole, les regards, les gestes. C’est sa réussite principale que de livrer un texte véritablement incarné ; d’une manière suffisamment feutrée pour que l'intériorité persiste, et pleinement habitée pour que les comédiens s'ancrent sur la scène.

 

 Cette attention à l’adresse du texte passe bien souvent par une frontalité de l’interprétation : pour retenir l’attention du spectateur, les comédiens sont souvent tournés vers eux, comme s’ils les regardaient. Posture peu évidente à maintenir, tant on peut devenir rétif à soutenir le regard qui nous est adressé, en raison d’une atténuation de l’illusion théâtrale. Bien des sourires parent les visages de ces comédiens, lors de leur récit, manière de vouloir conférer au texte une saveur délicate.

 

 La mise en scène, toute en retenue et discrétion, sert remarquablement d’écrin à ces propos étouffés. Derrière un fin rideau transparent, quelques actes se déroulent en prenant une allure de rituel, tandis que sur un mur, sur la gauche, sont projetés des images de nature. Loin des illustrations vidéo démonstratives, elles servent à entourer cette pièce d’une atmosphère teintée de nostalgie et de recueillement.

 

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Publié par Karminhaka - dans THEATRE (critiques)
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