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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 16:00

 

 

 

 

 

Children (Nigel Charnock) , A few minutes of Lock (Edouard Lock)

 

Avec Louise Lecavalier

 

 Quelque chose sidère à la vision de ce spectacle divisé en deux parties : l'impression précise d'assister non pas à un spectacle de danse de plus, avec son cortège de figures plus ou moins inventives, mais d'aller à la rencontre avec un corps de lumière. C'est celui de Louise Lecavalier, danseuse canadienne devenue célèbre dans la troupe du chorégraphe Edouard Lock, La la la Human Steps. On a beau lire dans une interview qu'elle s'est faite opérée de la hanche, au point d'avoir dû réduire certaines figures de danse, c'est la réalité de ce qu'on voit sur scène qui étonne. Il n'y a pas besoin d'être familier avec l'univers d'Edouard Lock pour sentir que ce qui se joue devant nos yeux, c'est tout simplement l'affirmation d'un corps aspiré par le mouvement au point que c'est sa vie même qui y est engagée.

 

 L'entrée en matière, magnifique,  de "Children", de Nigel Charlock, est révélatrice à ce titre : un corps se meut sur la scène, comme aux abois, dans une position animale, à quatre pattes. La lumière, qui procède par saccades, donne à ces déplacements les effets d'une pellicule qui ne se déroulerait pas à la bonne vitesse. Dans ces mouvements incessants perçe la sensation d'une fuite, d'une poursuite, d'un corps qui ne serait jamais en repos. Tout cela accompagné par une musique étirée, obsédante, trituration d'un morceau de Puccini chanté par Maria Callas.

 

 L'énergie qui meut Louise Lecavalier est d'autant plus forte que la scène, peu éclairée, ainsi que son habit noir, ne contribuent pas à exalter son apparence physique. De cette relative pénombre, ce sont les bras, les longs cheveux blonds et le visage qui se détachent, lui donnant une allure féline, celle d'une lionne incontrôlable. 

 

 Le spectacle, conçu autour de Louise Lecavalier, dessert le danseur (Patrick Lamothe) qui apparaît quelques instants après dans "Children". Non pas que sa prestation ne soit pas intéressante, mais elle n'ajoute rien par rapport à celle de Louise Lecavalier. Quand celle-ci, seule, se lançait dans un numéro virtuose avec une barre de fer, l'exercice de combat avec la même barre entre elle et Patrick Lamothe désamorce quelques instants l'épanouissement chorégraphique.

 

 La deuxième partie, après une courte pause, extraite de pièces d'Edouard Lock, est la plus belle. Plus resserrée, elle met à nouveau en valeur la vivacité de la danseuse canadienne, servie par un beau dialogue avec Keir Knight. Sa présence fonctionne ici comme celle d'un partenaire attentionné. Dans sa façon de la porter, d'accueillir ses mouvements incessants, il joue  le rôle d'un modérateur qui canalise une énergie qui, sans cela serait débordante. Le duo devient ainsi la réalisation d'un échange rêvé.

 A la sortie du spectacle, il y a une envie de se précipiter dans une recherche biographique pour en savoir plus sur Louise Lecavalier. Elle est née le 3 octobre 1958, au Québec. Connaître sa date de naissance, loin de ramener à une réalité objective, permet au contraire de prolonger la stupéfaction d'avoir assisté à une présence remarquable sur scène.

      

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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