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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 19:45

 

 

 

La_Ribot_DSC09115350.jpg

                                                Photo : Rares Donca                                                

 

 

PARAdistinguidas

 

Spectacle de Maria La Ribot

 

 Il y a tout juste sept ans, en novembre 2004, la chorégraphe espagnole La Ribot présentait dans la grande salle du Centre Pompidou "40 espontaneos", spectacle entièrement conçu avec des amateurs – qui, au bout du compte, étaient 28. C’était une inflexion particulière chez cette artiste dont la démarche principale, de longue haleine, est axée autour des "Pièces distinguées", au centre desquelles figurait son propre corps.

 

 Avec "PARAdistinguidas", on retrouve cette présence affirmée d’amateurs, à travers notamment des échos plastiques entre les deux œuvres : des plaques bleues disposées sur le sol sont le plus souvent foulées par danseurs et amateurs, puis peu à peu déplacées par les mêmes amateurs et disposées dans un coin. Le mouvement, dans "40 espontaneos" était différent : des vêtements colorés qui étaient progressivement placés sur le sol dans un mouvement qui se signalait à la fois par son esthétisme coloré et sa dimension incantatoire, appuyés par les fous rires des participants. La manipulation des plaques dans "PARAdistinguidas" ne représente qu’un effet transitoire. L’immobilisation des amateurs à certains moments  prend l'allure d'arrêts sur images : retenir un acte pour mieux passer à autre chose.

 

 C'est précisément ce qui anime ce spectacle : un rythme effréné dans certaines de ses parties, réjouissant, lié à l'enchaînement des séquences ;celles-ci prennent pour le coup une allure cinématographique, digne des comédies américaines avec Esther Williams. Les désopilants mouvements dansés des femmes, souvent nues, tiennent à la fois du cabaret (façon burlesque) tout comme ils renseignent sur le fil libertaire sur lequel surfe La Ribot. L'énergie nouvelle insufflée aux "Pièces distinguées", si elle tient à cette suture de petite formes, a valeur de métaphore : voir les danseuses grimper une échelle pour s'atteler à une machine à coudre dit littéralement que ce à quoi on assiste relève de la couture. 

 

 Pour le coup, "PARAdistinguidas" prend des allures de pièce de transmission : La Ribot y apparaît en effet peu, mais son mode de fonctionnement dans ses soli y est désormais décliné à travers plusieurs figures féminines, de corpulences et d’âges différents. Comme si on avait l’impression de se trouver dans un cartoon (le burlesque des dessins animés, cette fois) où le même personnage est reproduit de multiples fois. C’est ce qui donne à cette pièce une pulsation particulière, où les accélérations n’empêchent pas les pauses, comme avec cette belle séquence des chaises qui ressemble à une simple installation.

 

 C’est sans doute la beauté de ce spectacle que d’offrir ce foisonnement. La légèreté bouffonne y côtoie une certaine gravité (la scène où les figurants sont réduits à des actes de soumission) ; une séquence revendicative se dissout par la dispersion des danseurs dans la salle. On note également une présence insistante de la musique (techno), qui contribue aussi bien à marquer une ouverture supplémentaire qu'à renforcer la dynamique de la pièce. Il est sans doute vain de chercher dans "PARAdistinguidas" une revendication politique ou une dénonciation de sévices infligés au corps. Un spectacle somme ? Peut-être ! En tout cas, un opus qui, par sa capacité volatile, décoche des flèches dans toutes sortes de direction, avec l'intention de faire mouche.

  

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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