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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 14:55
 
 
 
 
Partir
 
Film de Catherine Corsini
 
Avec Kristin-Scott Thomas, Yvan Attal, Sergi Lopez
 
En plaçant "Partir" sous l'ombre tutélaire de François Truffaut - les musiques utilisées ont été puisées dans certains de ses films -, Catherine Corsini affirme sa dette à son égard. De fait, le sujet de son film, autour d'une femme quittant son foyer pour aller vivre avec un homme, renvoie directement à "La femme d'à côté", bien que le sujet de l'adultère ait été maintes fois traité. La référence à Truffaut, quand bien même on ne le voudrait pas, oblige très vite à opérer une comparaison automatique avec son cinéma.
 
 C'est ainsi qu'il apparaît très vite que "Partir" est un film qui n'innove non seulement en rien, mais que la passion de Suzanne (Kristin Scott Thomas) pour Ivan (Sergi Lopez) est en soi bien balisée. La formule qu'elle utilise ("Je ne sais pas mentir") pour avouer très vite sa liaison à son mari Samuel (Yvan Attal) défait d'emblée tout suspense émotionnel, abolit tout vertige narratif. Il n'y a plus dès lors qu'une sorte de manichéisme, ou les dispositions des uns et des autres sont extrêmement tranchées. On appartient à un bord ou à un autre, et ils ne peuvent pas se rejoindre.
 
 Il est jusqu'aux deux enfants du couple Suzanne-Samuel qui, face à la désertion par leur mère du domicile familial, optent pour une position radicale. L'un est avec elle, l'autre contre elle. Évacuée, toute nuance psychologique, abolie, la tentative de compréhension de l'autre. C'est évidemment Yvan Attal qui incarne le plus cette fixation mécanique dans une posture mentale : fermer toutes les vannes pour faire en sorte que sa femme revienne, reléguer Ivan dans son champ social infériorisé. Dans sa fuite avec son amant - réduit, lui, à une sorte de passivité - Suzanne finit toujours par retomber sur ses pattes. A chaque épreuve disposée par son mari, elle trouve une réponse : vendre une montre, faire du travail à la chaîne, voler des tableaux censés lui appartenir.
 
 Cette série d'actes aussi disparates les uns que les autres, au lieu de créer une empathie du spectateur, achève d'ôter toute crédibilité au personnage joué par Kristin Scott Thomas. L'actrice, pourtant convaincante dans son engagement passionné, reste désespérément seule.  Dans "La femme d'à côté" une scène emblématique marque l'irruption de la révélation du secret que les amants cherchaient à préserver : Gérard Depardieu, lors d'un repas, poursuivant Fanny Ardant dans un jardin. La scène est vue de l'appartement où sont réunis les invités. Puissance de la révélation vue à travers une vitre unifiant deux espaces, l'intime qu'on veut préserver et le collectif qui abolit tout. Ce sont ces zones d'ombre, seules capables de susciter un frémissement, qui  manquent à "Partir". A vouloir tout dire par sincérité, c'est la capacité du récit à surprendre qui en pâtit.
 

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Publié par Karminhaka - dans CINEMA (critiques)
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