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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 22:00

 

 

 

 

 

 

Restless

 

Film de Gus Van Sant

 

Avec  Henry Hopper, Mia Wasikowska, Ryo Kase

 

 

 Il faut s’appeler Gus Van Sant pour s’autoriser un film comme "Restless". Un film comme celui-ci marque une liberté chez le cinéaste américain, comme on a peu de chance d’en voir dans le champ cinématographique américain. Auréolé d’une Palme d’or à Cannes, certes controversée, ayant derrière lui des chef-d’œuvres ("My own private Idaho", "Drugstore cow-boy", "Gerry" ou "Paranoïd Park"), Van Sant s'offre avec ce dernier opus une pause hors du temps, mettant en sourdine sa veine expérimentale, formaliste.

 

  "Restless" est un film en mode mineur, et non pas un film mineur. Il convient de convoquer la référence musicale pour appréhender au plus juste l’atmosphère dans laquelle baigne ce film. Pudeur ; délicatesse ; ténuité. Ce sont sans doute les mots qui envahissent le champ de la conscience du spectateur en voyant ce film. On y est plus dans le chuchotement que dans la déclamation. Le conflit semble ne pas trouver sa place dans cette façon de dérouler sereinement des situations pour le moins étranges et de nature dramatique : un jeune homme dont l’activité favorite est d’assister à des enterrements ; une jeune femme qui parle de son cancer avec le sourire aux lèvres.

 

 Comme dans l’univers d’un Howard Hawks, tout semble filmé à hauteur d’homme : la caméra ne surplombe pas les individus. Peu de mouvements viennent marquer une intensification dramaturgique. Tout chemine dans un équilibre total. Pour l’un, l’horreur a déjà eu lieu (un accident, l’impression d’avoir été mort) ; pour l’autre, l’approche d’une mort certaine n’entraîne pas de sursaut particulier, juste une envie d’emplir ce peu d’espace qui reste.

 

A partir du moment où les évènements se développent dans un ordre dans lequel les personnages s’insèrent avec une sorte d’évidence, il n’est pas surprenant que le fantôme d’un jeune kamikaze japonais occupe une place égale à celle des vivants, et qu'elle ne soit pas remise en cause pendant une bonne partie de leur histoire par les personnages.

 

Avec cette tonalité mesurée, le film offre de beaux moments, notamment sur le plan purement visuel, avec ces couleurs automnales, tamisées. Manteau esthétique qui vient envelopper les protagonistes pour tapisser leur douleur voilée. Une lettre d’amour magnifique du fantôme est lue en voix off.  Le fantôme, qui a dû fantasmer sur la mourante déguisée en geisha, se propose de l’accompagner dans l’au-delà. C’est suffisant pour croire que, dans l’autre monde, aussi, il y a possibilité de chuchoter.


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Publié par Karminhaka - dans CINEMA (critiques)
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