Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:29

 

 

 

romeo-et-juliette.jpg

                                                       Photo : Alain Fontenay 

 

 

Roméo et Juliette, de William Shakespeare

 

Mise en scène de Olivier Py

 

Avec Olivier Balazuc, Camille Cobbi, Matthieu Dessertine

 

 Cela faisait un moment que l'on ne s'était pas posé, devant une mise en scène de théâtre, la question de  sa pertinence. Avec ce "Roméo et Juliette" monté par Olivier Py, l'envie, fréquente chez les tenants d'une fidélité au texte, démange d'aller vérifier la qualité de l'adaptation textuelle. Py s'en est en effet chargé lui-même, en prenant en compte une version intégrale. Dans d'autres lieux, certains ont poussé l'obssession de la vérification jusqu'à avoir le texte d'une oeuvre pendant la représentation.

 

 Avec cette adaptation d'une pièce mythique de Shakespeare se pose donc encore une fois la question de sa modernisation. Faut-il encore supporter le discours rebattu selon lequel Shakespeare serait notre contemporain, et que cette contemporanéité autorise les écarts par rapport au texte original ? Il est difficile, en voyant l'adaptation de Py, de comprendre réellement sa démarche. Il n'y a donc plus qu'à se laisser porter par la mise en scène et l'interprétation, afin de ne pas laisser son esprit se vérouiller devant les jeux de mots faciles, la grivoiserie ambiante.

 

 On l'a compris, toute oeuvre ancienne a besoin d'être dépoussiérée, et le romantisme tragique de "Roméo et Juliette", manifestement, ne sied pas à Olivier Py. Face à cette pièce mythique, imposante - finalement peu montée depuis un certain nombre d'années -, il met en oeuvre des procédures qui visent à exalter la mise en scène. On assiste ainsi à un ballet incessant sur le plateau, où aucun changement  de dispositif (apporter des chaises, dresser une table) n'est caché au spectateur. La mise en scène devient ainsi un chantier, mettant en avant une spontanéité créatrice. La pièce descend ainsi de son piédestal intemporel, inamovible, pour gagner en réalisme brut.

 

 Il faut ainsi rendre hommage à la scénographie, exploitant toutes les possibilités de spatialisation. On joue sur la profondeur : des néons en fond de scène constituent comme une butée au regard ; Juliette, dont les mouvements sont réduits, est juchée sur une structure surplombant les autres ; les personnages conversent devant un panneau à l'avant-scène. Cette exploitation dynamique de l'espace confère également une notion d'urgence à l'histoire, qui vient s'accoler à l'inexorable tragédie.

 

 Les comédiens s'insèrent avec vaillance dans le flux de la mise en scène. Un équilibre se crée entre acteurs jeunes et plus chevronnés. Si le Roméo incarné par Matthieu Dessertine, conserve, dans ses inflexions, les accents d'un tragédien classique, Camille Cobbi, en Juliette, détonne du haut de son timbre fougueux et haut perché. Olivier Balazuc, père de Juliette, fait preuve de beaucoup de virtuosité, notamment dans la scène où il réprimande violemment Juliette. Comme pour ajouter un supplément de modernité, la séquence est doublée, couverte par le son très présent du piano joué sur scène. Manière de signifier que le flot musical s'insère dans la dynamique échevelée et iconoclaste de cette pièce.

    

Partager cet article

Repost 0
Publié par Karminhaka - dans THEATRE (critiques)
commenter cet article

commentaires

Blog De Karminhaka

  • : Attractions Visuelles
  • : Cinéma, théâtre, voyages, danse contemporaine, musique du monde
  • Contact

Recherche