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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 23:00

 

 

 

 Stuartthefault350.jpg

                                                Photo : Eva Wurdinger

 

 The fault lines

 

Spectacle de Meg Stuart

 

Avec Meg Stuart, Philipp Gehmacher, Vladimir Miller

 

 Parmi les deux spectacles de Meg Stuart présentés cette année au Festival d’automne, "The fault lines" (Les lignes de faille) trouve un espace adéquat à la Ménagerie de verre. Le lieu, spécialisé dans les rencontres interdisciplinaires, accueille avec une certaine évidence cette pièce courte (50 mn) mettant en présence deux chorégraphes, Meg Stuart et Philipp Gehmacher, et un artiste vidéaste, Vladimir Miller.

  

 Meg Stuart fait partie de ces chorégraphes dont il est difficile de prévoir l’orientation de ses spectacles. Danse, expérimentation corporelle, approche multimédia : tout cela peut s’y trouver en même temps ; l’expression chorégraphique peut s’effacer pour laisser la place à une approche plus abstraite. Avec "The fault lines", c’est un aspect expérimental qui prévaut. Le spectateur, en entrant dans la salle, est invité à s'asseoir sur des bancs sans dossiers, les genoux surélevés. Pas d’autre échappatoire que de se mettre en phase avec la tension des corps à venir.

 

 Car il s’agit bien, au départ, dans "The fault lines", d’une épreuve corporelle à laquelle on est d’emblée confronté, avec l’évidence narrative de se trouver face à un couple. Ils s’approchent l’un de l’autre, et leur emprise successive, mimant le combat, puis l’épuisement faisant suite à la lutte, laisse les corps dans un état d’éreintement qui n’est suivi que par un nouvel assaut. De ces tensions, quelques trajectoires des bras se dessinent, comme des relâchements successifs de corps esseulés. Le relâchement, propice au développement de fragiles mouvements, s'opère au moment où les danseurs sont rendus à une inertie de corps ensommeillés.

 

 Cette énergie déployée laisse la place à un apaisement permettant l'entrée en lice de Vladimir Miller, jusqu'alors assis en tailleur au bord du plateau. C'est un tout autre spectacle qui commence alors, plus proche de l'installation, au cours duquel Miller s'adonne à son talent de vidéaste. Un petit écran sur le côté qui filmait en direct, s'efface momentanément au profit d'un grand, au fond de la salle, sur lequel se dessine les corps des chorégraphes. A la manière d'un peintre, Miller dessine avec une petite caméra des cercles sur l'écran, en se focalisant sur les visages. Peu après, tandis que Meg Stuart et Philipp Gehmacher reprennent leurs mouvements, en opérant une torsion d'un élément posé devant une caméra, Miller produit des jeux de couleurs magiques.

 

 L'un des moments les plus forts se produit lorsque, avec une simple manipulation devant la caméra, Miller simule le détachement du corps de Meg Stuart, alors qu'elle est affaissée avec Gehmacher contre un mur. Il s'agit moins d'interaction que d'action pure, les corps des danseurs ayant atteint une passivité telle qu'ils se prêtent à ses expérimentations. La tension inaugurale - qui allait jusqu'à plaquer des corps défaits contre un mur - pour le coup, se résoud en souplesse totale.

 

 

 

 

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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