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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 10:08

 

 

 

 
 
Vestigios
 
Spectacle de Marta Soares
 
 En entrant dans la salle 200 du Centquatre, on est amené d'emblée à chercher ses marques : de rares chaises sont disséminées le long des façades, par paire la plupart du temps. S'ensuivent quelques instants d'hésitation : faut-il s'asseoir sur ces chaises - il n'y en a de toute façon pas assez pour tout le public -, par terre ? Un certain nombre opte pour cette deuxième solution, en vue de se rapprocher du centre de la salle.
 
 Une grande planche y est installée, reposant sur des tréteaux. Une dune de sable occupe la totalité de l'espace. Un ventilateur, posé en bout de planche, est déjà en fonctionnement et, dirigé vers la dune, reproduit le vent. L'effet, d'une simplicité confondante, n'en contient pas moins un pouvoir de fascination immédiat. Sur deux grands écrans sont projetées des images des sambaquis, des sites indigènes précolombiens.
 
 Mais le spectateur, qui n'est pas forcément au courant de cette référence historique, tente d'emblée de s'approprier cette installation singulière, précisément en tentant de se positionner par rapport à elle, comme on le ferait pour une sculpture. Quand un bon nombre reste assis, d'autres choisissent de s'approcher, en restant debout ; d'autres, moins nombreux, décident de tourner autour, comme si l'immobilité de cette dune sous laquelle un corps est enseveli ne leur suffisait pas. Il faut, en se déplaçant, animer ce qui s'offre à eux comme immobile.
 
 L'exigence de "Vestigios" est d'attendre les infimes variations de la découverte d'un corps, qui se fait avec une lenteur extrême, à mesure que le ventilateur disperse le sable. C'est plus qu'une expérience visuelle : elle est sensitive, puisque le spectateur éprouve des impressions diverses : odeur du sable, crainte d'ingérer d'infimes particules ; on ne résiste pas à une volonté de toucher le sable, de marcher dessus.
 
 C'est la force de cette performance qui, dans son immobilité, dans le dévoilement incomplet du corps de Marta Soares, nous renvoie à nous-même, à notre attente, à nos espoirs de découverte spectaculaire. Mais, c'est précisément son caractère inachevé qui l'amène à se maintenir dans une sorte de nimbe mystérieux. On quitte la salle petit à petit, jetant les derniers regards, cherchant encore un ultime frémissement.
 

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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