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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 09:58

 

 

 

SPE-MEGSTUART.jpg                                                  Photo : Chris Van der Burght

 

 

Violet

 

Spectacle de Meg Stuart

 

 

 A peine sortis de la vision de "The fault lines", à la Ménagerie de Verre, nous voici placés face à un autre spectacle de Meg Stuart, "Violet". Proximité temporelle qui oblige, dans un premier temps, à tisser un lien entre les deux  pièces pour mieux souligner leur différence. Là où, dans "The fault lines", la question de l’engagement du corps, dans sa relation à l’autre, était très tôt souligné, dans "Violet" c’est l’irréductible singularité des corps isolés qui transparaît. On s’attend ainsi à un spectacle bien plus cérébral et maîtrisé.

 

 Le début en témoigne : cinq danseurs se détachent du fond de la salle où est planté un grand mur torve, cabossé, comme un miroir renvoyant des reflets biscornus. Ils sont au départ immobiles, et c’est l’œil du spectateur qui donne l’impression de guetter les moindres mouvements, d'abord très ténus, en balayant l’espace d’un travelling fureteur. Ici, un léger frémissement d’un bras ; là, une torsion de cou qui va aller s’amplifiant. Rigueur d’un début statique, lent, qui ne laisse en rien inaugurer l’explosion à venir.

 

 "Violet" est un spectacle progressif, fondé sur une forme d’épuisement des figures, qui confine au ressassement. Mais cette répétitivité,  purement formelle, à la sécheresse sérialisée, bascule imperceptiblement vers une forme d’incantation primitive, où l’enjeu final vise à un éreintement des corps.

 

 On pouvait, avant d’entrer dans la salle, s'attendre à cette sorte de remue-ménage, car des boules Quiès étaient mises à la disposition des spectateurs, en prévision d’un spectacle tonitruant. Mais le musicien en question, appliqué devant son ordinateur puis déchaîné avec ses percussions, se collait parfaitement à cette amplification progressive. Mieux, il y contribuait au point que c’est lui qui enrobait la pièce d'un tempo furieux. L’espace s’est empli d’une gigantesque vague sonore, mais, au fond trop peu effractive pour qu'on puisse être véritablement gênés, pour la plupart.

 

 Au départ fondé sur un équilibre des gestes différenciés des danseurs, "Violet" pouvait laisser craindre un spectacle par trop conceptuel. Mais portés par la pulsation violente et envahissante de la musique - on croît parfois entendre des pales d'hélicoptère - les corps se défont peu à peu du rythme obsessionnel imprimé. Sous le tonnerre des percussions, ils finissent par se rejoindre, s'entremêlant dans des cercles effectués au sol. Une sorte de "Sacre du printemps" où les pulsions se délient, permettant à la chorégraphie de s'affranchir définitivement du cadre fixé au départ.

 

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Publié par Karminhaka - dans DANSES CONTEMPORAINES
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