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           Femmes et enfant à Mandawa

 

Jeudi. Seulement mon deuxième jour dans la région, mas j’ai la sensation, après la balade d’hier, d’être bien installé dans le lointain. Je quitte la pension juste après mon petit déjeuner, non pour visiter le village, mais en comptant me rendre dans une autre ville, fameuse pour ses havelis, Mandawa, plus fréquentée par les touristes, parait-il. Je traverse les ruelles du village en demandant la station de bus. Le parcours est beaucoup plus long que je n’imaginais, très sinueux et, comme souvent en Inde, je commence à penser que les directions qu’on me donne sont très fantaisistes. C’est la raison pour laquelle je me sens obligé de demander plusieurs fois mon chemin. Au passage, je regarde les devantures des échoppes, plus nombreuses à mesure que je marche, dans l’espoir de trouver un endroit où je pourrais faire quelques achats. Je finis d’ailleurs par m’arrêter devant l’une d’elle, en quête de tennis. Le marchand, tout étonné de constater mon choix devant son magasin, s’emploie en tentant de trouver la paire qui me convienne.

 

 Le choix s’avère compliqué. Il a beau me dire après chaque paire essayée que c’est ce qu’il me faut, je trouve toujours quelque chose à redire. Pas assez de variété. Rien d’étonnant dans le coin. Finalement, j’opte pour un modèle dont je me demande, par sa facture, s’il ne conviendrait pas mieux aux femmes. Sur ma lancée, j’achète d’autres choses, motivé par le vendeur : chaussettes, slips, déodorant, etc. Pour mes premiers achats, j’aurais à peine marchandé, me contentant la plupart du temps de lancer un modeste « it’s expensive ». Il reste inflexible. Je finis par me convaincre que ça doit vraiment être le prix. Et je repars avec mes affaires dans un sac plastique que je sais devoir trainer toute la journée. Des indiens que je croise peu après ont l’air de s’étonner de me voir avec ce sac portant des inscriptions en hindi. J’ai moins l’impression d’être appréhendé comme un touriste – il y en au fond peu dans ce village – que comme un étranger dans la posture ordinaire d’un indien faisant des achats. Ma tenue de ville, toujours unique depuis Delhi – autant dire depuis Paris – renforce ce décalage.

98                Dans le chateau de mandawa 

 

 Si je me fais remarquer, mes yeux, à chaque fois que je suis en Inde, n’en finissent pas d’être saisis par les habits des femmes indiennes, à mesure que je m’approche de la station de bus. C’est toujours cette surprise des couleurs éblouissantes qui éclatent à ma vue. Je n’ose pas sortir mon appareil photo. Pourtant, hier, avec Alexandra, j’ai été frappé par la moindre résistance des gens à être pris en photo. Pour preuve, lors de notre arrivée dans ce village où nous venions visiter un cénotaphe, autour d’une rue, un homme assez agé, portant le magnifique turban caractéristique de la région, les yeux cerclés d’épaisses lunettes, est venu se positionner contre un mur, silencieusement, calmement, tout simplement pour qu’on l’immortalise avec nos appareils. Nous avons été très surpris. Alexandra en a ri. Elle a sorti son appareil pour la première fois. J’ai aussi pris le mien, que je cachais pudiquement jusque là, dans ma volonté de respecter des personnes que je supposais rétives. Non seulement ce vieux a pris la pose, mais un compère est lui aussi venu s’asseoir contre le mur. Nous avons donc tranquillement pris nos clichés. Ils n’ont rien demandé en retour. Plus tard, j’ai demandé à une femme en train de laver son linge devant sa maison, dans son magnifique sari bleu, si je pouvais la prendre en photo simplement en tendant mon appareil. Elle a immédiatement arrêté ses gestes pour prendre elle aussi une pause timide, agrémentée d’un petit sourire. Cela m’a encore surpris. Prenant confiance, sur notre chemin, j’ai encore tenté de prendre une autre femme de dos. C’est à ce moment qu’elle s’est retournée, sans aucunement se dérober en voyant mon appareil. Lorsque nous attendions le bus pour revenir à Nawalgarh, la confiance gonflée par ces succès, j’ai repéré deux hommes en turban, dont l’un était de dos. Il a suffi que celui qui était en face de moi voit mon geste pour qu’il prévienne son compère de se retourner pour me faire face.

99                Femmes et enfants dalit (intouchables) 

 

 Etonnante, cette disponibilité que je n’avais encore jamais rencontrée en Inde. En repensant à ce quartier de Nizzamuddin, à New Delhi, visité deux jours plus tôt, j’avais senti la même ouverture, le même accueil dans l’effacement. Je mets cela sur le compte de ces endroits qui, non encore entachés par les vices (commerciaux, la plupart du temps) du tourisme, conçoivent la venue d’étrangers comme non-effractive – en ce que l’appareil-photo serait la composante essentielle de cette effraction. Mais il se peut que je sois aussi devenu moins timoré dans ma capacité à saisir ces indiens avec mon appareil. A cet égard, il me semble que c’est l’ombre tutélaire de l’Indonésie qui plane sur mes épaules. La confiance accumulée là-bas avec les balinais ou javanais a sans doute rejailli, telle une vague bienfaitrice, sur ma capacité à vouloir m’approcher des indiens.

 

 C’est aussi dans le bus que se concentre une animation saisissante en Inde, sans doute en ce que les gens qui y montent, appartenant à des catégories sociales populaires variées, s’y entassent avec leurs fardeaux parfois pesants. C’est souvent délicat pour un occidental de se retrouver dans cette mêlée de corps, mais on ne peut pas tout avoir, l’animation et la tranquillité.

 

 Après une heure trente de trajet dans ce bus cahotant, pour parcourir à peine quarante kilomètres, j’arrive à Mandawa qui, de prime abord, me parait une ville (plutôt un village) assez attirante. La seule chose frappante reste certains havelis magnifiquement décorés transformés en hôtels, d’où sortent quelques touristes. Mais ici aussi, ils sont loin de fourmiller. C’est la raison pour laquelle, à mesure que j’arpente la rue principale, je remarque les regards qui convergent vers moi ; où est-ce vers ce sac que je vais porter à bout de bras toute la journée ?

 

100                Femmes dalit 

 

 Après avoir flâné pendant quelques instants, je me décide à aller déjeuner, avant de visiter les endroits stratégiques. Justement, j’ai vu une inscription sur un mur, peinte par une main maladroite, indiquant le chemin qui mène à un restaurant. J’en viens à me dire que des restaurants, il ne doit pas y en avoir beaucoup pour que, dans ce village où on ne risque pas de se perdre, on éprouve le besoin de flécher la direction de l’un d’eux. Puisqu’il y en a peu, il ne doit pas falloir le rater. Même parvenu à quelques mêtres de ce restaurant, j’éprouve le besoin de sortir mon guide pour vérifier que ce n’est pas n’importe lequel. Ah ! Il vante son poulet tandoori. Bon ! Je vais pouvoir y aller sans hésiter. Je suis bien accueilli. Comme je m’en doutais, je suis le seul. Petit restaurant modeste, ressemblant à une hutte, assez exotique pour que je m’assois sans hésitation, malgré les fauteuils tressés trop bas par rapport à la table. Il fait sombre à l’intérieur, mais je ne suis pas très motivé pour manger sous le soleil de l'accueillante la terrasse. Après avoir attentivement étudié la carte, je finis par commander le poulet tandoori, me fiant à l’avis de mon guide. Mais au bout d’une demi-heure, ne le voyant pas venir, je commence à me convaincre que les serveurs n’attendaient pas de clients, qu’ils devaient être plongés dans une torpeur quotidienne de la non-attente. Je fulmine intérieurement, pensant au temps perdu alors que je ne suis là que pour la journée et que j’ai à peine entamé ma visite de la ville. Et quand arrive enfin ce fameux poulet, je reste stupéfait. Moi qui vient en Inde avec l’assurance de trouver, même dans une gargotte, une qualité et une variété culinaire bien supérieures à ce que je peux rencontrer en France, je vois devant moi, gisant sur une assiette, un assemblage hétéroclite de morceaux de poulet – alors que j’avais commandé une moitié – comme éclaté par la dynamite, proches de la carbonisation, dont les os, massivement majoritaires, sont timidement recouverts par des portions de viande. Je suis plus déçu que si j’avais fait cent kilomètres en bus pour aller voir un temple anodin. Je suis furieux, et le fait savoir. Trouvant ma protestation trop molle, trop modeste par rapport à ma déception, j’essaie d’être plus convaincant, non en élevant la voix, mais en la rendant plus tranchante. Ça compense mon vocabulaire limité. Le serveur reste immobile à côté de moi, comme statufié, puis s’en va sans rien dire. Je dois dire que je suis un peu confus : s’ils n’attendaient personne, comme j’en suis définitivement convaincu, c’est au fond normal que cela ne soit pas bon. Il n’y a que pour les princes, les maharajahs qu’on arrive à transformer une attente morne en festin.

 

101                Fresque du chateau de Mandawa 

 

 D’autres touristes, italiens, sont arrivés entretemps. Un couple. Il me semble que l’homme a lui aussi commandé un poulet tandoori. Cet inconscient doit avoir une version transalpine de mon guide pour en venir à un tel choix. Je guette tout de même leur réaction. Quand, après une bonne attente également, un serveur ose lui demander son avis sur le plat, j’entends l’homme répondre mollement « yes ». C’est certain : non seulement, c’est leur premier voyage en Inde, mais c’est aussi leur premier poulet tandoori. Dépité de ne pas rencontrer une déception solidaire, je demande l’addition (« bill »). Le serveur revient plus tard avec une bière dans les mains (« beer »). Décidément, tout va de travers. Si les mots résonnent euphoniquement à son oreille, les miens commencent presque à bourdonner de colère rentrée. A la véritable addition, je constate que j’ai droit à une ristourne de trente pour cent, ayant refusé qu’on me ramène un morceau de poulet plus conséquent. Je jette quasiment mes roupies sur la table et me précipite hors du restaurant, comme si je voulais rattraper le temps perdu. 

 

 Les heures passent, je visite le château de Mandawa, croisant notamment un homme assez âgé y travaillant, qui se propose d’être pris en photo devant des fresques aux représentations mythologiques. De plus, après avoir bafouillé quelques explications sur leur signification – il se contente au fond de nommer les dieux présents – il réclame une petite rémunération, que je lui donne avec un sourire légèrement crispé. En sortant de ce château, je me rends compte que le temps passe vite, et que je vais avoir du mal à visiter tous les havelis importants de la ville. C’est la raison pour laquelle j’accepte la proposition d’indiens postés juste devant le château, qui m’orientent gentiment vers un guide non officiel, c'est-à-dire un jeune qui a envie de gagner quelques roupies. On s’accorde sur le tarif et la promenade commence. En route, nous croisons un groupe de femmes et enfants dalit (intouchables) accroupis sur un monticule de terre. Les femmes ont des robes aux couleurs chatoyantes. Les prendre en photo est très tentant, sauf que ce sont elles qui, un grand sourire aux lèvres, se proposent. La différence flagrante avec le village de la veille visité avec Alexandra me frappe. Elles prennent la pose, obligeant un enfant indifférent à ne pas gigoter. Bien évidemment, après les deux-trois clichés pris, elles se précipitent vers moi pour réclamer leur dû. Je tends volontiers un billet que l’une d’elles saisit. Apparemment, cela ne suffit pas. Elles voudraient toutes en avoir un. Je leur suggère de partager entre elles. C’est assez difficile de s’en débarrasser, je suis un peu aidé par mon jeune guide, dont je sens le ton ferme un peu forcé. La balade, malgré l’anglais limité de mon guide, s’avère satisfaisante en ce qu’il me fait vraiment gagner du temps, les monuments étant plus disséminés dans la ville que je ne pensais.

 

102                Haveli 

 

 Finalement, j’arrive à attraper tranquillement le dernier bus pour Nawalgargh. Il est vraiment bondé et, lorsque j’y pénètre, je constate que je vais devoir rester debout. Beaucoup de regards étonnés convergent vers moi. Je me dirige vers le fond, m’attendant à un voyage retour pénible, car d’autres personnes, au fil des arrêts, vont monter et descendre. Il y aura aussi le receveur qui va faire la navette dans le couloir, quelques soient les épaisseurs de corps qui s’y trouvent. Mais très vite – et c’est là la confirmation de mes observations au fil de mes voyages en Inde – un indien, assis aux côtés d’un autre sur une banquette à deux places, m’invite à m’asseoir. Certes, il n’est pas gros, mais je me demande comment il parvient à se contorsionner, croisant ses frêles jambes, pour parvenir effectivement à créer une zone suffisante pour que je puisse me poser. Au départ, je refuse mais, voyant son insistance, et surtout l’effort fourni, je m’incline, en pensant à tous ceux obligés de rester debout – dont des femmes, évidemment. J’ai des remords, mais je suis quand même très touché par cette hospitalité. Non seulement, ils vivent quotidiennement cette situation d’entassement, mais ils arrivent encore à faire preuve d’abnégation auprès d’un étranger en soumettant leur corps à un ultime effort, comme si celui-ci était désormais marqué du sceau de la contorsion.

 

106                                    Chateau de Mandawa 

 

Au fur et à mesure des arrêts, le bus finit par se désemplir. Je m’éclipse et vais m’asseoir sur une autre banquette, où je ne tarde pas à bavarder – dans les limites de mon usage de l’anglais – avec un indien, qui éprouve le besoin de me dire qu’il vient d’Arabie Saoudite, ou qu’il a travaillé la-bas. J’image que derrière cette confidence brève, spontanée, c’est son déracinement qu’il cherche à mettre en avant, probablement parce que, sur un mode identificatoire, il ne me prend pas pour un touriste. C’est lui qui, quelques instants plus tard, m’invite à descendre du bus au moment où celui-ci tarde à repartir. Bientôt, le bus se trouve vidé de ses occupants. Je comprends très vite qu’il est tombé en panne. Dix minutes à peine plus tard, des hommes hèlent une Jeep – autre mode de transport utilisé dans la région. Sans un mot, avec une placidité désarmante, l’indien me fait signe de le suivre, ce que je fais volontiers, en trottinant, pensant encore au fait que je suis privilégié par rapport aux femmes et enfants restés sur le bord de la route. Quelques mots échangés avec le conducteur et voilà l’indien m’invitant à monter derrière. Ce que je fais en courant car la Jeep a déjà démarré. Heureusement, je suis aidé par un des occupants de l’arrière. Quelques instants après, la descente s’avère tout aussi mouvementée lorsque l’exilé m’indique l’arrivée. Je manque de tomber. Un grand rajpoute longiligne m’aide in-extrémis en riant doucement. Un rire plutôt bienveillant, je dois dire. Encore quelques minutes d’attente en compagnie de l’indien d’Arabie, et il me montre le bus que je dois prendre pour enfin rentrer à Nawalgarh. Je le remercie chaleureusement. C’est qu’on va m’attendre pour dîner…

 

104                Au détour d'un coin de rue à Mandawa 

 

 En matière de dîner, celui de ce deuxième soir dans la pension est bien différent de la veille. S’il y a toujours Guido, le couple tchèque, l’espagnol, des nouveaux venus viennent rejouer les mêmes gestes que nous : un couple suisse francophone et… un français. D’emblée, je sens que la rencontre avec eux est impossible, ce qui me rend d’autant plus précieux celle que j’ai faite avec Alexandra. Il me suffit d’entendre la femme suisse parler de la saleté qu’elle a vue à New Delhi pour être irrité par ces novices du voyage. Et, de plus, tous les trois se parlent en français. Quand le français, qui tient dans la main le même guide que moi, parle de son chauffeur avec lequel il sillonne le Rajasthan, je sens très vite que ma soirée va être gâchée, et que ce n’est pas le délicieux thali de la maîtresse de maison qui y fera quelque chose. Je pourrais tenter de manger en me bouchant les oreilles. Mais, à moins de laper mes aliments, il n’y a pas vraiment de solution. J’entends le français à un moment parler d’un pianiste classique (Arturo Benedetti Michelangeli pour ne pas le nommer) avec un ton digne du 16 eme arrondissement, et je me demande simplement s’il ne s’est pas trompé d’espace. De plus, il refuse la couverture - qui est d’évidence le signe du lien, celui qui symboliquement relie tous les corps - sous prétexte qu’il n’a pas froid. A le regarder, ça peut se justifier, mais en réalité, il n’a pas compris. Pendant une bonne partie de la soirée, j’évite soigneusement de m’adresser à ces trois nouveaux. Bon ! Je finis quand même par calmer mon intolérance, d’abord parce qu’en entendant la femme suisse comparer le grouillement indien avec son petit village natal d’à peine deux cent habitants qu’elle n’avait jamais quitté, je comprends que le choc puisse être rude, l’adaptation difficile. Quand au parisien avec chauffeur, le seul fait de savoir que l’on ne peut être que dans des approches respectives irréconciliables aide à passer à autre chose – si je voulais, je pourrais parler de musique classique avec lui. Mais pas là, pas maintenant…

 

105                                    Devant le chateau 

 

 Peu après, la mascarade autour de ma pratique de l’anglais prend fin quand la suissesse me demande d’où je viens. En répondant « from Paris », elle s’étonne que je ne me sois pas exprimé avant en français. Ma réponse : « I try to improve my english » déclenche un rire général. J’aurais détendu une atmosphère qui n’était tendue que pour moi.

 

 Heureusement, l’usage du français se dissout peu à peu sous le cours de civilisation professé par notre hôte. Il raconte notamment combien il a pu être choqué par un touriste à qui il faisait une visite guidée du village, lorsque celui-ci, répondant à un jeune indien qui lui demandait de l’argent, lui a remis un billet de 100 roupies. Ce qui, en Inde, est énorme. Je comprends beaucoup mieux alors, surtout lorsque c’est un indien révolté qui en parle, combien ce geste peut créer un déséquilibre au sein même d’une famille dont le père, par exemple, en exerçant une activité régulière, aurait du mal à gagner autant dans un cours laps de temps. Guido rebondit élégamment sur ses propos touchants, en mettant en avant sa discrétion en tant que touriste régulier en Inde. C’est ainsi qu’il relève qu’il ne porte jamais de short. Je me sens alors complètement en phase avec ces propos : j’ai arrêté d’en utiliser depuis que je me suis senti ridicule sous le regard des turcs à Ankara, en 1993. Il prononce également une belle phrase, digne d’une maxime, que je crois comprendre comme suit : « l’argent que je dépense en Inde, ce n’est pas pour acheter quelque chose, c’est plutôt pour qu’on me donne quelque chose en échange. ». Traduction laborieuse, mais j’ai bien compris qu’il voulait signifier la question du lien, du partage. Et moi, incapable alors de formuler une phrase tangible en anglais, tout ce que je trouve à faire, c’est de lui renverser de la soupe sur son pantalon. Il le prend bien, calmement, et, confus, je le regarde aller nettoyer le bas de son pantalon dans le lavabo juste à côté.

 

 La conversation se poursuit encore pendant des heures. Je regarde les enfants qui s’affaissent progressivement. Le père demande un service au plus grand, alors qu’on ressent son envie d’aller se coucher dans un coin, sous le poids des paroles des adultes. Je réussirais peut-être à dormir avant lui, car je suis l’un des premiers à abandonner, mon seau d’eau chaude étant prêt depuis un moment déjà.

 

Suite INTERSTICES OUVERTS AU SABLE (Voyage en Inde) 5

 


 

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