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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 15:13

 

 

 

 

 

 

 

 

The K-Wind, par Noreum Machi

 

Dirigé par Ju-Hong Kim

 

Avec Ho-won Lee, Hyun-ju Oh, Young-jun Kim, Tae-ho Kim

 

 

 

 Il y a plus de dix ans, il y aura eu, pour beaucoup, l'occasion unique de découvrir le Samulnori au Théâtre du Soleil d'Ariane Mnouchkine. Trois heures de spectacle où s'enchaînaient les figures les plus étourdissantes, les percussions les plus endiablées. Alliance de maîtrise technique et de virtuosité acrobatique qui surprenait, car on avait alors l'impression de découvrir que la danse, dans une veine quasi folklorique, pouvait cohabiter avec une maestria technique. Emmené par KIM Duk-soo, le spectacle reproduisait notamment la dimension chamanique, source première du Samulnori.

 

 Avec Noreum Machi, dans le cadre de Paris Quartier d'été, on s'appuie sur la tradition pour la faire évoluer. Les instruments emblématiques du Samulnori sont bien présents : janggo (tambour-sablier), buk (tambour-baril), ainsi qu'un grand et un petit gong, le dernier à la sonorité aussi claire que puissante. Habillés de costumes traditionnels, survivances des traditions campagnardes, les musiciens entament le spectacle avec la partie la plus réjouissante, faite de danses et de percussions mêlées. La magie de cette prestation, si jubilatoire, tient sans doute à cet alliage unique : que des percussions, instruments symboles d'une puissance sonore massive - ce que sont, chez les voisins japonais, les tambours de Kodo, par exemple - puissent se jouer avec la légèreté des corps.

 

 Cette légereté confinant à l'aérien, tient avant tout dans ces petits mouvements de jambe, doublés d'un dodelinement de la tête, prolongé par des bandelettes qui virevoltent dans l'air. Persiste dans ces gestes la notion de déplacement, inhérent à ces musiciens, danseurs, acrobates qui allaient de village en village à l'occasion de célébrations chamaniques. Les parties en cercle, où les musiciens, tout en dansant, frappent leur tambour, sont représentatifs de cet aspect ludique.

 

 Passé ce moment réjouissant, somme toute assez court, l'ensemble emmené par Kim Ju-hong livre toute la palette de ses talents, à travers notamment - comme en hommage aux joutes d'antan - un jeu de vocalisation dont le swing ne déparerait pas un concert de hip-hop. Mais c'est surtout avec le jeu de percussions que ce style impressionne tant. Quand les frappes semblent au départ rudimentaires, révélatrices de la simplicité de l'instrument, cela devient, à mesure qu'une harmonie sonore se crée, d'une rythmicité extraordinaire.

 

 Variation, hauteur, suspension, virtuosité débridée, tout cela est propice à une dépense folle, que ponctuent certains cris émis par les musiciens (dont une femme). La vitesse à laquelle ils passent, avec leur baguette (et d'une seule main), d'un côté à l'autre du janggo, est proprement vertigineuse. Quand les chants s'en mèlent, avec là encore une remarquable tenue vocale, on a alors la certitude de se trouver devant un art total, constamment vibrant, soucieux d'un partage réjouissant avec le public.

 

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