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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 23:45

 

 

 

 

Concert de musique persane

 

Maede Tabatabai Niya, chant ; Siamak Jahangiry, ney ; Ali Bahrami Fard, santour ; Maryam Gharasou, tar ; Pasha Karami, tombak

 

 

 L'oreille du néophyte, en assistant au concert de musique persane du 18 mai à l'auditorium du Louvre, aura quelque peu de mal à saisir la subtilité d'une adaptation moderne d'un répertoire traditionnel. Non pas que le concert laissait sceptique quant à son appellation de "Musique traditionnelle persane d'aujourd'hui", mais la frontière entre hier et aujourd'hui n'était pas forcément évidente à établir, d'autant plus que la veille, un autre concert se concentrait sur l'art vocal de l'époque qajare, apparue au 19ème.

 

 L'auditeur familier de la musique persane pouvait ainsi avoir l'impression que dans ce concert qui mettait en avant la chanteuse Maede Tabatabai Niya, la structure classique était respectée : introduction musicale au ney (flûte de roseau), alternance de chant et de soli intrumentaux (santour et tar), tout cela enserré dans une suite qui va s'étirer sur plus d'une heure, et mettant en avant les grands poètes iraniens : Saadi, Rumi, Hafez.

 

 La modernité, puisqu'il y a, tient avant tout au fait que les compositions sont inédites : elles viennent de Siamak Jahangiry, le joueur de ney et directeur de l'ensemble Delgosha. Celui-ci a entamé un dialogue magnifique avec la chanteuse, reproduisant les inflexions de sa voix avec son instrument. Flûte toujours étonnante, au son fondé sur une exploitation du grave et de l'aigu, le ney, par son épanchement suave, parvient très vite à nous plonger dans une tranquille rêverie.

 

 Maede Tabatabai Niya (un beau nom), de sa stature imposante, n'a pas eu de mal, dès son entrée sur scène, à donner à sa voix l'ampleur qu'on peut rencontrer chez certaines chanteuses iraniennes. Sa prestation était d'autant plus étonnante que ce concert s'est déroulé sans micro. Sa voix n'en devenait que plus pure, donnant le sentiment de s'élever sans forcer. D'avoir été disciple du grand chanteur Mohammad Reza Shajarian explique sans aucun doute cette voix accomplie.

 

 Le santour, ce magnifique cithare, n'aura pas été en reste sous les doigts de Ali Bahrami Fard, musicien qui accompagne notamment Kayhan Kalhor, avec lequel les expérimentations musicales déplacent véritablement les assises de la musique persane. De ses baguettes entourées d'un feutre, il égrène les notes les plus subtiles, apportant à l'ensemble un supplément de finesse musicale. Maryam Gharasou, au tar (luth), moins impliquée dans l'échange avec la chanteuse, et Pasha Karami au tombak (percussion) distillaient des touches plus nerveuses. Un concert précieux qui, en mettant en avant, comme la veille, une voix féminine, fait sortir de l'ombre dans laquelle sont cantonnées les chanteuses en Iran pour un savoureux partage.  

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